FAQ virus
Qu'appelle-t-on
exactement un virus ?
Les vers sont-ils des virus ?
Comment différencier les
virus et les vers des chevaux de Troie (ou Trojans) ?
Qu'en est-il des macro-virus ?
Et les trois autres catégories de virus ?
Quelles sont les principales méthodes de propagation
employées par les vers ?
Tous ces codes malicieux sont-ils dangereux ?
Existe-t-il des virus qui entrent dans plusieurs de ces
catégories ?
Pourquoi certains virus ou vers de conception récente
retardent-ils les éditeurs d'antivirus dans la mise en place de correctifs ?
Tous les dégâts causés par un virus peuvent-ils être
réparés ? Que se passe-t-il si un virus a "flashé" le BIOS ?
Que signifie l'appellation "in the wild" ?
Qu'est-ce qu'un "Hoax" ?
Pourquoi dans les encyclopédies de virus des éditeurs
spécialisés, les codes malicieux portent-ils plusieurs noms ? Existe-t-il des
initiatives de normalisation ?
Si mon PC est équipé de Linux, ou si je possède un
Macintosh, suis-je à l'abri des virus ?
Que dois-je faire pour me protéger efficacement contre
les virus et les autres codes malicieux ?
Ces outils mis à part, n'existe-t-il pas un
comportement éthique qui puisse m'éviter, en tant qu'utilisateur, de devenir un
relais de propagation ?

Qu'appelle-t-on exactement un virus ?
Un virus est un programme malicieux capable de se répliquer sur un ordinateur,
et c'est tout. Pour ce faire, il peut remplacer, se nicher à l'intérieur ou se
greffer à des portions de codes exécutables. Depuis le
premier virus inventé par un étudiant californien pour son compte dans les
années 60, suivi du premier lâché dans la nature au milieu des années 70 par
deux programmeurs pakistanais, des dizaines de milliers ont fait leur apparition
(12 000 selon certains, jusqu'à
60 000 selon d'autres).
Les vers sont-ils des virus ?
A la différence des virus, les vers ne se répliquent pas sur un même
ordinateur. Leur caractéristique première vise à se propager à travers un réseau
(généralement Internet), d'un ordinateur à l'autre. La catégorie la plus
dangereuse de vers reste aujourd'hui les "mass mailers", qui s'auto-envoient au
maximum de personnes possibles figurant dans le carnet d'adresse du client de
messagerie. Un ver comme
SirCam
s'avère même capable de se servir des emails figurant dans le fichier cache du
navigateur Internet Explorer, qui conserve les
informations de navigation de l'internaute sur les sites Web qu'il a visités.
Certains vers peuvent aussi être des virus, mais la
plupart ne le sont pas même si la tendance est au mélange des genres...
Comment différencier les
virus et les vers des chevaux de Troie (ou Trojans) ?
A l'époque de la guerre de Troie pendant l'antiquité, les Achéens
tentèrent de conquérir les Troyens en entrant dans l'enceinte de la ville à
l'aide d'un cheval en bois offert comme cadeau, creux mais rempli de soldats.
Une fois dans la place, ceux-ci avaient franchi les barrières sans difficultés
et purent attaquer les habitants de la ville de Troie de l'intérieur. C'est
ainsi que procèdent les Trojans, ou chevaux de Troie, qui à l'inverse des virus
ne se répliquent pas d'eux-mêmes.
Sous forme de fichiers compilés mais aussi de scripts exécutables
(VBScript, JavaScript...), les chevaux de Troie peuvent avoir plusieurs
fonctions plus ou moins destructrices. Celles-ci s'étendent de l'ouverture d'une
fenêtre avec un message, jusqu'au formatage du disque dur, en passant par
l'ouverture d'une porte de derrière, ou "backdoor", qui donne le contrôle de la
machine infectée à un pirate situé n'importe où sur la planète. Des outils de
hackers comme BackOrifice et SubSeven sont caractéristiques de cette dernière
tendance, et permettent au pirate de télécharger des fichiers sur le disque dur,
de déplacer le pointeur de la souris, d'éteindre l'écran ou même d'ouvrir le
lecteur de CD à distance. Ces symptômes représentent autant de signes de sa
présence, tout comme le fait de constater un flux sortant disproportionné lors
d'une connexion Internet en cas de vol de fichiers. Une fois détecté, un cheval
de Troie devient le plus souvent inoffensif s'il ne combine pas cette fonction
avec celle d'un virus, puisqu'il suffit de supprimer le fichier incriminé et de
vider la corbeille.
Qu'en est-il des macro-virus ?
Ils constituent la plus importante (à 80 %) des quatre grandes
catégories de virus, et sont apparus lors de l'introduction des premières "macros-commandes"
dans les logiciels de bureautique de Microsoft (Word, Excel, Powerpoint...). Ces
macros incluses dans certains fichiers .doc, .xls etc. donnent la possibilité d'exécuter
des traitements spécifiques sur le document qui les contient. Un virus peut donc
s'insérer sous forme de macro, et utiliser les capacités du logiciel pour se
copier à l'intérieur des autres documents du même type, voire créés par d'autres
outils bureautiques avec lequel celui-ci peut communiquer.
Et les trois autres catégories de virus ?
La seconde concerne les virus de "boot", qui s'installent sur le
premier bloc d'une disquette ou d'un disque dur, c'est à dire la séquence
initiale de démarrage de l'unité en question. La troisième n'infecte que les
fichiers exécutables (extensions .COM, .EXE, .DAT, .LNK,
.DRV, .DLL, .BIN, .SYS...). Et la quatrième catégorie, celle des virus
multi-formes, combine les différentes méthodes d'infection ci-dessus.
Quelles sont les principales méthodes de propagation
employées par les vers ?
Les vers ont donc pour propriété de s'envoyer tout seuls d'un
ordinateur à l'autre sur Internet ou sur un réseau local. Pour cela, la méthode
la plus usitée reste la messagerie avec l'expédition d'un email, infecté soit
dans sa pièce jointe, soit plus rarement, dans le code HTML du message, aux
utilisateurs du carnet d'adresse. Plus récemment, nous avons pu constater
l'apparition d'un second type de vers relativement préoccupants. Il s'agit de la
classe serveur intégrant CodeRed qui utilise les failles de sécurité non
éradiquées à l'aide des correctifs en vigueur. D'autres vers, plus anciens mais
encore peu répandus, se transmettent à un internaute via une simple connexion à
une page web. Enfin, il en existe encore qui empruntent des chemins détournés,
comme les réseaux d'imprimantes partagés, certains ports TCP/IP ouverts par
exemple pour la messagerie instantanée (ICQ, AOL, Messenger), et les canaux de
discussion sur IRC.
Tous ces codes malicieux sont-ils dangereux ?
Non. Certains affichent des messages et ne font que prendre un peu de mémoire
pour cela. D'autres, qualifiés de virus antivirus, servent même à éradiquer
certains de leurs prédécesseurs jugés dangereux, avant de se suicider en s'auto-effaçant.
Mais attention à ces derniers, car ils ne sont pas programmés par des
professionnels de l'antivirus et peuvent mal réparer les infections en laissant
les codes malicieux toujours actifs. Enfin, il en existe qui font acte de
charité, comme le ver VBS/Noped qui dénonce après examen des fichiers sur le
disque dur, les pédophiles aux principales organisations chargées de les
débusquer.
Existe-t-il des virus qui entrent dans plusieurs de ces
catégories ?
Oui, comme vous l'aurez compris, un ver peut transporter et installer
un virus, et peut aussi être un cheval de Troie. Il existe à l'heure actuelle
plusieurs dizaines voire centaines de codes malicieux combinés ou enchaînés, et
leur nombre croît très rapidement.
Pourquoi certains virus ou vers de conception récente
retardent-ils les éditeurs d'antivirus dans la mise en place de correctifs ?
La dernière génération de codes malicieux devient d'une complexité
presque machiavélique. En effet, certains spécialistes de la sécurité ont
détourné l'acronyme PE (Portable Executable, le mode d'exécution
des applications sous Windows) pour qualifier ces virus et vers mutants. "Polymorphic
encrypted" signifie que :
1/ le virus est polymorphe et modifie tout seul certaines de ses portions en vue
d'empêcher une reconnaissance par les antivirus classiques.
2/ il chiffre les parties stratégiques de son code source afin de les rendre
illisibles par les techniciens des laboratoires de recherche. Parfois, le
programme dispose de plusieurs algorithmes et/ou modifie régulièrement les clefs
pour rendre encore plus difficile le déchiffrement.
Malgré tout, certains éditeurs ont mis en place des méthodes qui leur permettent
d'avancer beaucoup plus rapidement face à ces menaces dont les premiers
représentants virtuels datent de 1999. La multiplication des virus
polymorphiques réclamant un certain savoir-faire chez leurs auteurs n'empêche
pas leur éradication, et ne justifie pas le refus d'installer un antivirus.
Rappelons également qu'un code malicieux peut exister en plusieurs versions
différentes, notamment si un second pirate a mis la main sur le code source de
la première version et a effectué quelques petites modifications. Mais
globalement, une fois que la méthode employée par le ver pour se propager est
identifiée et peut être contrée, celui-ci devient beaucoup moins dangereux en
présence d'un antivirus mis à jour.
Tous les dégâts causés par un virus peuvent-ils être
réparés ? Que se passe-t-il si un virus a "flashé" le BIOS ?
Certains dégâts ne peuvent être réparés, comme la perte de fichiers
si le virus a remplacé leurs contenus par son propre code ou des chaînes de
caractères. Mais s'ils sont seulement supprimés, il est parfois possible de les
récupérer. Le formatage de certaines portions du disque dur peut lui aussi
s'avérer fatal.
Mais l'une des pires choses qui puisse arriver suite à une infection est en
effet le flashage du BIOS (Basic input/output system), provoqué notamment par
les très dangereux CIH/Tchernobyl et Magistr. Le BIOS se trouve dans une puce
réinscriptible sur la carte mère du PC et est chargé en mémoire dès l'allumage
de l'ordinateur afin d'assurer sa mise en route, qui passe par la reconnaissance
des différents périphériques de base comme le lecteur de disquettes et les
disques durs. Une fois modifié par un virus de façon pernicieuse à même la puce
électronique, il n'est plus possible de redémarrer l'ordinateur, même à l'aide
d'une disquette de boot. Seul le fait de changer la carte mère
(ou la puce dans certains cas si elle est non soudée ou encore disponible) permettra un
redémarrage. Et il sera préférable d'isoler le disque dur infecté afin d'éviter
cela ne se reproduise.
Que signifie l'appellation "in the wild" ?
Elle qualifie les virus et les codes malicieux qui sont répandus chez
des utilisateurs et/ou dans des entreprises. Tous ne se sont pas propagés car
certains ne sont jamais sortis des machines de leurs programmeurs qui ne
souhaitaient pas les diffuser, voire même des laboratoires des éditeurs
d'antivirus qui adoptent souvent une attitude proactive dans la détection des
menaces.
Qu'est-ce qu'un "Hoax" ?
Un hoax est une fausse nouvelle, souvent reprise par un ou plusieurs
médias. Il y a quelques années, certains éditeurs d'antivirus ont été accusés
d'abuser de fausses annonces de nouveaux virus. Aujourd'hui, la plupart d'entre
eux sont sérieux, et quelques-uns en dressent même une liste exhaustive (par
exemple
Symantec et
Trend
Micro). Il peut aussi arriver qu'un email s'annonce comme un code
malicieux, ou qu'un fichier exécutable (.COM, .EXE, .SYS,
.PIF...) ouvre une fenêtre avec marqué dedans "je suis un virus", mais qu'il
n'en soit rien.
Pourquoi dans les encyclopédies de virus des éditeurs
spécialisés, les codes malicieux portent-ils plusieurs noms ? Existe-t-il des
initiatives de normalisation ?
Chaque éditeur travaille de son côté avec ses laboratoires et emploie
son propre vocabulaire pour qualifier les codes malicieux qu'il identifie. Par
exemple, le triste SirCam est nommé W32.Sircam.Worm@mm, TROJ_SCAM.A, et SCAM.A
selon différents éditeurs. Selon ce que rappelle l'organisme américain
indépendant WildList
Organisation, dont l'un des rôles consiste justement à aboutir à une
normalisation
de la terminologie, cela peut s'avérer absurde. Car il se peut qu'un jour, un
virus dangereux soit pris pour un inoffensif portant un nom identique ou
suffisamment proche, et que les démarches pour le contrer ne soient pas mises en
oeuvre d'une manière efficace.
Si mon PC est équipé de Linux, ou si je possède un
Macintosh, suis-je à l'abri des virus ?
Non. Les systèmes Linux et les Macintosh ne peuvent généralement pas
être infectés par des programmes conçus pour fonctionner sur Windows. Mais ces
plates-formes ne sont pas hors de portée de développeurs mal intentionnés. Et il
existerait à l'heure actuelle quelques milliers de virus au moins spécialement
conçus pour infecter les ordinateurs de marque Apple. Sur Linux, moins d'une
centaine sont recensés à l'heure actuelle en raison du caractère récent du
système d'exploitation. D'autres comme certains Unix et l'ancien OS/2 Warp d'IBM
n'en connaissent que quelques-uns. Enfin, des ancêtres
parmi les micro-ordinateurs comme l'Amiga de Commodore et l'Atari ST avaient eux
aussi rencontré leur lot de virus au tout début des années 90, et plusieurs
milliers voire dizaines de milliers ont été répertoriés rien que sur le premier
des deux.
Que dois-je faire pour me protéger efficacement contre
les virus et les autres codes malicieux ?
La première des précautions consiste à installer un logiciel
antivirus. Au minimum, celui-ci doit passer au crible les fichiers sur le disque
dur de façon régulière, et observer en permanence les mouvements de code
suspects dans les zones de la mémoire ciblées par les virus. C'est le cas
d'Antivirus Toolkit Pro de l'éditeur
Kaspersky Labs qui n'est pas
très cher. Si vous souhaitez installer plusieurs antivirus, choisissez-les de
préférence complémentaires chez le même éditeur, et non concurrents entre deux
éditeurs. Car ceux dont les objectifs sont les mêmes partagent certaines
ressources système et peuvent ainsi occasionner des plantages parfois sévères
(réinstallation de Windows...).
En terme de complémentarité, l'antivirus du poste client peut se coupler avec un
autre au niveau de la messagerie, et un troisième pour surveiller les
interactions avec les sites web. Dans une entreprise, tous les points d'entrée
peuvent être surveillés par la plupart des gammes de produits (Trend
Micro,
McAfee, Sophos,
Symantec). Ou alors, vous
pouvez aussi combiner un antivirus fonctionnant par mises à jour d'une base de
définitions de virus avec un analyseur de type Orion (déjà combiné dans
F-Secure) ou Viguard (Tegam).
Ensuite, une bonne protection logicielle contre la plupart des chevaux de Troie
et certains vers consiste à installer un firewall (pare-feu en bon français),
qui va bloquer l'arrivage de fichiers intrusifs sur les
ports TCP/IP écoutés par des applications. Vous pouvez au minimum exploiter
le pare-feu fourni en standard sur Windows XP. Ou sur d'autres versions de cet
OS, installer et configurer un firewall gratuit (dont
ZoneAlarm).
NeoTrace Express
et Sygate
Personal Firewall figurent aussi parmi d'autres alternatives pour un coût
nul.
Ces outils mis à part, n'existe-t-il pas un
comportement éthique qui puisse m'éviter, en tant qu'utilisateur, de devenir un
relais de propagation ?
En l'absence d'antivirus installé, vous pouvez toujours utiliser régulièrement
les systèmes de vérification en ligne proposés gratuitement par certains
éditeurs, comme
HouseCall de Trend Micro, ou
le système de Symantec qui propose aussi une détection de certaines failles
réseaux. Mais cela ne compense évidemment pas l'installation d'un antivirus
permanent sur le poste qui assure une réelle protection efficace. Quant au
comportement éthique, en voici un condensé :
- ne pas lancer un fichier exécutable sans être assuré qu'il ne contienne
un virus ou un cheval de Troie. Ceci concerne aussi bien les logiciels
téléchargés sur des sites douteux, que les pièces jointes aux emails avec des
extensions exécutables (voir plus haut) ou de langages de
scripts (.VBS, .JS, .PHP...). Dans ce dernier cas, si vous attendiez ce type de
fichier, passez le tout de même à l'antivirus, car l'on ne sait jamais ce qui
peut arriver
en cours de route. Si la formulation du message vous paraît inhabituelle, un
simple appel téléphonique à l'expéditeur peut vous renseigner. Prévenez
également, à chaque fois que vous le pouvez, la personne qui vous a transmis un
virus qu'elle est infectée, afin qu'elle prenne les mesures nécessaires le plus
rapidement possible.
- Si vous possédez un système antivirus, assurez-vous de le mettre à jour
très régulièrement, car les éditeurs publient une ou plusieurs fois par semaine
des mises à jour.
- Configurez proprement votre système d'exploitation pour éviter
l'infection par des codes malicieux non encore reconnus.
1.Installez les correctifs des éditeurs qui réparent les failles d'applications
parfois utilisées par de nouveaux codes malicieux.
2.Paramétrez vos options pour afficher tous les fichiers cachés et toutes les
extensions. Vous verrez ainsi les extensions doubles comme ".JPG.EXE".
3.Bloquez dans Explorer ou Netscape l'exécution des
scripts, des contrôles ActiveX et des cookies lorsque vous visitez un site en
lequel vous n'avez pas totalement confiance.
- Si vous êtes à peu près certain d'être tombé sur un code malicieux dont les
éditeurs ne parlent pas encore dans leurs alertes (après l'avoir passé à
l'antivirus, utilisez les moteurs de recherche dans les encyclopédies),
transmettez-leur au plus vite le ou les fichiers suspects. Par ailleurs, ne
paniquez pas en cas d'infection. Outre le fait que cela ne sert à rien, la
période de soulagement qui s'ensuit peut amener à une baisse de la vigilance.
- Enfin, tenez-vous régulièrement informé, par la presse au minimum, mais
surtout les alertes antivirus et celles des organismes de sécurité si vous
voulez être considéré comme professionnel, des nouvelles failles touchant vos
applications. Cet éveil peut vous permettre d'adopter un comportement proactif
dans l'installation des correctifs. Car de nombreux codes malicieux qualifiés
d'exploits (comme Code Red) emploient les vulnérabilités récemment découvertes
pour se propager en s'appuyant sur la non réactivité des utilisateurs.